AU CŒUR DU CONSULAT GÉNÉRAL DU SÉNÉGAL A PARIS: LES DESSOUS DU COVID 19: LE MALHEUR DES UNS, LE BONHEUR DES AUTRES ?

04 - Novembre - 2020

Un petit flash-back permettrait de rafraîchir les mémoires pour les uns, et pour les autres une meilleure compréhension. Animée par une grande ambition et motivation d’aider, d’accompagner les personnes dans le besoin j’ai opté pour une reconversion professionnelle : du médical vers le social. Pour cela je devais m’armer davantage de compétences et de savoir-faire pour mener à bien mes objectifs. Comme on dit communément « la charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Choisir pour lieu de mon premier stage, le Consulat, était loin d’être le fait du hasard. En effet, c’était le meilleur moyen de repérer les problématiques généralement rencontrées par les usagers, le type de public reçu et surtout les moyens déployés pour répondre à leurs besoins.
Le consulat est avant tout l’administration publique du pays qu’il représente, et vers qui ses ressortissants devraient dans les normes se rapprocher en cas de problématiques administratives.
Comme principales missions du service social auprès de ses ressortissants je citerai : Missions auprès des prisonniers, des malades, une mission dite dossier décès et également un dossier FAISE un fond alloué aux sénégalais en situation de précarité pour les aider dans leurs projets. Les présenter ainsi parait trop beau mais son applicabilité en est autre.
A cet effet, j’ai eu à m’entretenir avec le Consul Mr DIALLO car j’ai constaté tout un fouillis au sein du Consulat car il est très difficile de s’y situer, de savoir qui fait exactement quoi. En clair je lui ai demandé l’organigramme que je n’ai pas pu obtenir, car selon lui il était en pleine élaboration malheureusement freinée par la confection des fameuses cartes biométries. J’en suis restée à ce stade malgré sa promesse de me le procurer une fois terminée.
Si je tiens à faire ce bref rappel, c’est tout simplement parce que la situation des sénégalais de la Diaspora est l’une de mes nombreuses préoccupations.

Je me suis également entretenue avec la Vice Consul Madame Mbacké car j’ai trouvé curieux son manque d’implication en tant que responsable du Pôle social. Cette dernière m’a clairement fait comprendre que les demandes n’arrivaient pas à son niveau. Durant toute la durée de mon stage j’ai pris le temps de bien observer. Mon constat confirmait les dires de Mme Mbacké. Les courriers à l’attention du service social nous arrivaient déjà ouverts, ce que j‘ai trouvé pas normal, ni professionnel. Certains cas sociaux étaient directement traités par le Consul sans même que l’Assistante Sociale en soit informée. Pire encore le service social faisait une demande d’aide financière, présentée à la commission qui statuait et la personne était contactée à notre insu, soit par le consul lui-même, soit par le Chancelier de l’époque. . Ce sont les usagers qui nous en informaient généralement à leur passage au service social. La somme allouée restait inconnue. Ils sont au cœur de toutes les missions avec tous ses avantages. Tout ceci n’est pas des faits rapportés ou supposés mais plutôt du vécu.
Ma principale question aujourd’hui c’est de savoir les objectifs du gouvernement à l’égard de la Diaspora sénégalaise de Paris dans son intégralité. Au-delà de la politique, nous sommes des citoyens sénégalais par conséquent les structures diplomatiques (Consulats et Ambassades) se doivent de protéger leurs concitoyens et de veiller sur eux. Malheureusement il y existe une ligne de démarcation entre les partisans qui ont droits à tous les privilèges et les non partisans laissés pour compte.
Tout ceci s’est manifesté lors de la gestion financière de la COVID 19. J’ai eu à aider des personnes pour l’inscription sur le site et la majorité n’a jamais eu de suite.

Au lendemain du dé-confinement c’était la ruée vers l’or. Suite aux images qui circulaient sur les réseaux sociaux, je me suis déplacée au consulat et j’ai été stupéfaite par ce que je découvrais. Parmi les personnes présentes, j’ai eu à recueillir des informations auprès de 6 personnes bien ciblées, susceptibles de répondre à mes questions sans se méfier. La plupart entonnait ce refrain : «SA MA XALIS COVID». Ces personnes qui ignoraient tout, des modalités m’ont clairement fait comprendre qu’elles ont été appelées pour venir chercher leur XALIS COVID. Effectivement elles entraient et ressortaient toutes joyeuses avec une somme de 300€.
Une Mafia s’est vue instaurée pendant cette période, et des personnes qui n’étaient pas préalablement inscrites étaient contactées par le réseau afin de bénéficier de l’aide financière, et parfois leur inscription se faisait sur place.

En pleine période d’infection bien que le confinement ait été levé, le risque planait toujours, le Consul a-t-il seulement mesuré la gravité et la dangerosité de ce comportement irresponsable ayant créé des engorgements pendant plusieurs jours au consulat?
Aujourd’hui j’exige de Monsieur le Consul Général de répondre à mes questions à savoir : Quel fut le rôle et la place du service social dans le dispositif mis en place pour faire face à la crise sanitaire COVID19; par rapport aux moyens de prévention, à la distribution des aides, l’accompagnement des nécessiteux…? Une évaluation a-t-elle été posée avec tous les membres du comité à la fin? Certes il y a eu cette fameuse déclaration télévisée de votre part avec de très bons comédiens, mais un peu trop folklorique pour convaincre un esprit critique. De toutes les façons sur la question de la gestion de ces fonds le Consul nous doit des explications, je vais y revenir très prochainement.
Par ailleurs l’Assistante Sociale du consulat était ma principale interlocutrice nous nous sollicitions mutuellement dans le cadre du suivi des compatriotes. A ma grande surprise, j‘ai reçu un message d’au revoir de sa part me signifiant sa fin de mission. Soucieuse de certains dossiers qu’elle n’a pas pu finaliser m’a orienté certains cas.

Je salue ici le travail abattu par mon ancienne collègue et doyenne, une grande professionnelle, intègre qui a essayé tant bien que mal, de donner le meilleur d’elle avec très peu de moyens. Actuellement avec la crise que traverse le monde entier et au vu des problèmes sociaux que rencontrent nos compatriotes, un consulat tel celui de Paris, sans assistant social est une aberration. Penchons-nous sur le cas de ces expatriés dont la présence ici n’est pas nécessaire et qui sont parfois sans bureau ni feuille de route et restent tout de même salariés. Il y a aussi ces recrutés locaux parmi lesquels un vétéran qui a vu défiler pratiquement tous les Présidents et qui dans un état normé, devait être à la retraite depuis, hélas nous en sommes très loin. Selon des rumeurs parmi les fonctionnaires affectés au consulat figurerait une SAGE-FEMME en remplacement de l‘Assistante Sociale. Quel est le rôle d’une sage-femme? La sage-femme a pour mission principale d’assurer le suivi médical de la grossesse, accompagne la future maman avant, pendant et après l’accouchement. Elle suit la femme et le nouveau-né. Sachant que les femmes enceintes reçoivent ici en France une prestation, un accompagnement et une assistance de très loin meilleur que ceux dont «la Sagefemme Consulaire» pourrait leur proposer, quel rôle jouerait-elle ici? ... Si cette rumeur est fondée ce serait une preuve que ce gouvernement ne se préoccupe pas du tout des problématiques de ses ressortissants qui ne présentent pour lui qu’une réserve pour sa politique et les éventuelles élections. C’est un poste politique me dira-t-on, j’entends bien mais jusqu‘où?

Aussi un État qui nomme ses fonctionnaires doit obligatoirement les prendre entièrement en charge, quand je vois des diplomates solliciter des aides alimentaires, médicales… c’est tout simplement pathétique.
Tout récemment on apprend qu’une partie du consulat a été fermée pour motif: infection au COVID. J’ai été particulièrement surprise de la fermeture annoncée pour une durée de jours du service concerné... Mais toutefois des questions restent en suspension Monsieur le Consul doit nous dire: Quels sont les moyens mis en œuvre pour sécuriser les agents et les usagers d‘autant plus que l’agent contaminé a continué de travailler, et à enrôler pour la délivrance des passeports, c’est suite au 2ème cas qu’il y a eu une réaction plutôt tardive du Consul? Un traçage a t’il été déployé afin de remonter toutes les personnes (aussi bien le personnel que les usagers) qui ont eu à passer dans ce service et entrer en contact avec ces agents en question? Ces personnes encourent un risque d’être infectées et être des vecteurs potentiels. Je tiens à rappeler que je suis Panafricaniste, Activiste et Assistante Sociale de métier, mes démarches et mes dénonciations sont strictement apolitiques. Je combats ardemment toutes formes d’injustices. Mes motivations principales sont l’accompagnement social des personnes dans le besoin, les renseigner sur leurs droits...
Pour mes compatriotes, les structures diplomatiques (Consulat et Ambassade) devraient être un «chez nous» pour tous leurs ressortissants. Mais face à des inégalités de traitements manifestes dont font montre ces structures en particulier le Consulat Général avec sa prolifération de l’ethnicisme et sa pratique de la politique partisane je suis révoltée.
Le Sénégal pays de #TOUTECOULEUR# TOUTECULTURE #TOUTERELIGION

Que vive le Sénégal

Lafleur Awa Pélagie DIOP Assistante Sociale Panafricaniste et activiste

 

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