Il y a des moments où la partisanerie politique doit céder la place à un réflexe de secours civique, citoyen et patriotique. C’est le cas aujourd’hui, alors que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a récemment clarifié la situation politique, du moins pour l’instant. En limogeant son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, il manifeste une divergence de vision claire avec ce dernier.
Il est urgent, désormais, de constituer une équipe gouvernementale capable de redonner espoir aux Sénégalais, profondément désenchantés après deux années de gestion chaotique du pouvoir. Reinventer ou redéfinir un patriotisme sincère est une nécessité absolue, car la notion même de patriotisme a été galvaudée par certains « patriotes » encartés à la formation politique Pastef. La façon dont ils interprètent ce mot est biaisée, flirtant avec une partisanerie incontrôlée, un clanisme, une idolâtrie, voire une soumission aveugle, dans une démarche quasi cultuelle et vindicative.
Le tandem Diomaye-Sonko avait certes théorisé une conquête du pouvoir, qui semblait alors artificielle mais efficace. Aujourd’hui, cette stratégie leur revient en pleine figure, et la dynamique de clans se dessine après le départ de Sonko de la primature. La confrontation entre eux risque d’écorner sérieusement l’unité nationale.
D’ailleurs, le nouveau président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a lancé un message clair, annonçant le ton de cette confrontation politique avec Diomaye Faye : « On ne pourra pas faire du Pastef sans Pastef », a-t-il déclaré, en référence aux divergences idéologiques et programmatiques au sein de leur ancienne alliance. La situation devient donc encore plus anxiogène, alors que la réalité économique reste catastrophique.
Dans les prochaines heures, un nouveau gouvernement sera probablement constitué, mais la crainte demeure que certains caciques du Pastef refusent de participer, de peur de subir les récriminations des patriotes. Malheureusement, ce patriotisme partisan, dans ce contexte, rime souvent avec discours, gestes et postures qui sont aux antipodes de l’exemplarité civique, citoyenne et républicaine. Il en résulte un écart considérable avec le modèle de Sénégal que le tandem Diomaye-Sonko avait pourtant voulu incarner : Nouveau-Type-de-Sénégalais.
Hélas, cet idéal semble aujourd’hui raté. Il est plus que jamais impératif de s’éloigner de toute forme de partisanerie politique pour sauver le pays face aux multiples défis qu’il doit relever rapidement.
En moins de deux ans d’exercice du pouvoir, l’expérience a été calamiteuse, catastrophique et conflictuelle, comme le constatent aujourd’hui les Sénégalais. La citoyenneté exige, dans ce contexte économique difficile, que chacun, quelle que soit son appartenance politique, réponde à ses devoirs républicains : sauver le Sénégal, dans une optique de convergence d’idées, en faveur du président Bassirou Diomaye Faye, en attendant 2029.
KMNGN