Dans la galaxie patriotique, certains semblent confondre l’esprit libre avec la y, la République avec leur formation politique, Pastef, et leur propre opinion avec une vérité incontestable. Ce mélange est dangereux : dès lors qu’un citoyen refuse le suivisme, il devient suspect, voire qualifié de traître.
Or, une démocratie ne peut vivre sans voix indépendantes. L’intellectuel, au sens gramscien, n’a pas vocation à réciter la parole d’un parti ou à défendre aveuglément un chef. Il doit interroger le pouvoir, éclairer la société, formuler des critiques et garder une distance avec les passions militantes. Pourtant, trop d’intellectuels, journalistes, chroniqueurs et militants gravitant autour de Pastef semblent avoir renoncé à cette mission pour devenir les relais d’une doxa.
Les anciens compagnons qui ont choisi de prendre leurs distances avec le suivisme et de privilégier la République plutôt qu’un clan ou un homme sont aujourd’hui exposés à des attaques continues. Leur liberté de choix est contestée, alors même que chacun est libre de soutenir Ousmane Sonko. Cette asymétrie révèle un système politique inquiet de toute divergence, où une forme de police morale prétend décider qui est légitime, fidèle ou fréquentable.
C’est précisément ce que refuse Alioune Badara Dionne, actuel ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire. Son parcours mérite d’être rappelé. Dans les périodes difficiles, il s’est engagé avec constance pour défendre ce qu’il estimait juste. Il a connu l’isolement, la marginalisation administrative et les conséquences d’un engagement politique assumé.
Mais Alioune Badara Dionne n’est pas un homme de troupe. Il est un esprit libre. Il sait qu’un citoyen exemplaire ne se mesure pas à son aptitude à applaudir, mais à sa capacité à servir l’intérêt général, y compris lorsque cela impose de rompre avec les automatismes partisans et les fidélités personnelles.
Natif de Bambey, il s’appuie sur des valeurs de travail, de discipline et d’attachement à la République. À l’appel du pays, il a choisi d’accompagner la vision politique et programmatique du président Bassirou Diomaye Faye. Ce choix n’est ni une dissimulation ni une rupture avec ses convictions profondes : il procède d’une lecture libre de l’intérêt national.
Dans son ministère, Alioune Badara Dionne entend faire de l’économie sociale et solidaire un levier concret de développement, de création d’emplois, d’inclusion et d’émergence. Cette ambition rejoint la volonté présidentielle de bâtir un Sénégal plus juste, productif et solidaire.
Tel un Baye Fall dans l’éthique du travail et du service, mais sans renoncer à son jugement, Alioune Badara Dionne refuse l’obscurantisme politique et le culte de la personnalité. Avec la « Plateforme 2050 », il veut défendre une vision politique fondée sur ce qu’il estime juste et nécessaire pour le Sénégal : une République plus forte que les clans, des institutions plus durables que les ambitions individuelles, et une citoyenneté plus libre que les injonctions partisanes.
KMNGN