Edito

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Édito-Confession publique

01 - Juillet - 2019

Confession publique

La loquacité des Sénégalais est pignon sur rue dans le continent. Nous parlons beaucoup, travaillons peu et aspirons beaucoup à l'émergence. On se targue d'avoir des ressources humaines hautement qualifiées et compétentes. Incomparables aux autres sur le plan régional disent les extraordinaires laudateurs sénégalais.

Quand le doyen Abdoulaye Diaw conte nostalgiquement les coulisses de la CAN Caire 86, on a l'impression qu'on a été les victorieux du trophée continental. Mais la civilisation de l'oralité consubstantielle à notre culture a ses travers. Et la malédiction de celle-ci poursuit le Sénégalais. Dans tous les domaines, on se fanfaronne d'être les plus intelligents. Nos talents et nos compétences semblent être convoités, sollicités comme le scapel du chirurgien par les institutions internationales.

Sommes-nous des démiurges ailleurs, sommes-nous tentés de nous interroger ? Mais à beau de mentir qui vient de loin, cette maxime revient ici en guise de réponse à cette interrogation. Certes nous sommes capables de jauger nos compétences dans chaque domaine, mais l'humilité voudrait qu'on se dégonfle un peu, pour entamer une thérapie nationale. Une prise de conscience collective.
Le président Sall l'avait réussie avec brio, pointant du doigt son goulot d'étranglement devant ses homologues africain lors de sa prestation de servant, ouvrant l'ère de son second quinquennat. Pour avoir dénoncé les tares de l'administration sénégalaise, le Président de la République les connait très bien. Ailleurs, on sait mouiller le maillot sans un bavardage systématique. Celui-ci est un trait caractéristique de notre identité.

Un autre goulot d'étranglement. On s'accapare des prouesses et d'exploits d'ailleurs, on se penche sur des sujets qui reflètent le sous-développement mental, conséquence intrinsèque de tous les autress facette du sous-développement.
On bavarde plus qu'on bosse dans notre cher Sénégal, au point que le président Sall fraichement réélu, n’ait pas trouvé mieux à faire que de nous plonger dans un dialogue pour davantage discutailler sur des futilités.

Corruption, népotisme, promotion canapé…

Pendant ce temps, d’autre pays pansent les plaies des années de conflits sanglants, en se mettant au travail, traduisant ainsi le dialogue où la concertation nationale par le labeur qui cimente leur identité. Mais chez nous, c’est comme si nous sommes condamnés à passer notre temps à deviser.

Wade-père avait si bien compris notre propension à la parlotte qu’il ne s'était pas trompé en invitant les Sénégalais au travail, avec cette phrase qui est devenue très célèbre : « Il faut travailler, beaucoup travailler, encore travailler, toujours travailler ». Un appel vibrant dans un pays où tous les secteurs tournent au ralenti, même l’épine dorsale de notre pays. C’est-à-dire, la fonction publique, tenaillée dans un système nébuleux frappé de sacralité.

Certes de brillants Sénégalais incarnent sa signature, mais ils peinent à hisser le Sénégal dans le concert des grandes nations à cause d'une culture du travail aux antipodes des signaux débouchant vers les voies de l’émergence. La ponctualité est une exception sénégalaise et la rigueur, un péché mortel.

Fruit de la politisation outrancière, la fonction publique est dévoyée de sa vocation. La corruption y est endémique, et le trafic d’influence est un secret de polichinelle. Les promotions népotiques et de canapés y sont légions, et personne n’en parle. Nous sommes loin, encore très loin de ce discours creux de l’émergence.

KMNGN

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